Intérêt des tests urinaires lors d’un traitement de substitution aux opiacés

Publié le 12 novembre 2013


Dupouy J. et al., Journal of Substance Abuse Treatment 2013, 44(5) :515-21

Les tests urinaires toxicologiques utilisés dans le suivi des patients traités par médicaments de substitution aux opiacés (MSO) ne sont pas réalisés de manière systématique bien qu’ils soient obligatoires pour la méthadone et recommandés pour la buprénorphine. En 2009, une cohorte rétrospective a donc été créée à partir d’une base de données française (ERASME) puis divisée en 2 groupes : présence d’au moins un test toxicologique (groupe test) et absence de tests (groupe contrôle). L’analyse a montré une différence significative (p<0,001) en faveur d’une meilleure observance dans le groupe test que dans le groupe contrôle. En effet, la moyenne de traitement en continu est de 207 jours pour le groupe contrôle alors qu’elle est de 411 jours chez le groupe test. Le temps de traitement est donc doublé lorsqu’il y a présence d’au moins un test toxicologique avec un « hazard ratio » à 0,55 (95%CI, 0.38-0.80). Dans cette cohorte de 1507 patients, 39 sujets (2,6%) ont eu au moins un remboursement de tests pour lesquels il avait été recherché : antalgiques et narcotiques (38 tests, 55.9%), benzodiazépines (12 tests, 17.6%) et psychotropes (8 tests, 11.8%). Par ailleurs, l’analyse a pu mettre en évidence plusieurs variables associées à la période de traitement continue telles que l’âge, les admissions à l’hôpital, les remboursements de morphine, d’antidépresseurs, etc. Il ressort donc que l’utilisation de tests lors du suivi de ces patients, bien que rarement prescrit, augmente significativement la période de traitement et par conséquent améliore leur prise en charge. Marion GAUFFIER


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