Risques liés à l’usage des benzodiazépines

Publié le 04 septembre 2017


Source : État des lieux de la consommation des benzodiazépines en France, ansm, avril 2017

Concernant les risques liés à l’usage des benzodiazépines, les données de la Base nationale de pharmacovigilance enregistrées de 1985 au 31 décembre 2015 rapportent un profil de sécurité déjà bien connu. Ainsi les effets indésirables graves les plus fréquemment rapportés sont :

  • Les affections du système nerveux: des cas de somnolence, de coma, de convulsions et d’amnésie.
  • Les affections psychiatriques: majoritairement des états confusionnels et plus rarement des hallucinations et des cas d’agitation.
  • Les chutes: sont fréquemment rapportées en particulier chez les personnes âgées. Le risque de chutes semble être plus important chez les femmes. Des doses journalières élevées et des traitements prolongés (> 14 jours) sont plus à risque de fracture quelle que soit la benzodiazépine utilisée.

La prise de benzodiazépines entraîne une altération des capacités de conduite. Des études internationales montrent une augmentation de 60 à 80 % du risque d’accidents chez les conducteurs exposés aux benzodiazépines, ce risque étant multiplié environ par 8 en cas de prise concomitante d’alcool.

Concernant la prise de benzodiazépines pendant la grossesse, environ 3,3 % des femmes enceintes en 2014 ont eu au moins une délivrance de benzodiazépine. Aucun effet malformatif n’est attribué à l’exposition aux benzodiazépines au premier trimestre de grossesse, à l’exception d’un risque augmenté de fente labiopalatine. Cependant, la prise de benzodiazépines en fin de grossesse peut être responsable d’un certain nombre d’effets indésirables chez le fœtus et le nouveau-né tels qu’une hypotonie et des troubles de la succion. A doses élevées, des troubles respiratoires peuvent apparaître ainsi qu’un syndrome de sevrage néo-natal. Par conséquent, l’utilisation des benzodiazépines est déconseillée au cours de la grossesse quel qu’en soit le terme.

Le réseau d’addictovigilance a mis en évidence un usage abusif et un usage détourné de certaines benzodiazépines. Les six benzodiazépines rapportées comme étant les plus consommées par des patients présentant une dépendance à une substance psychoactive restent les mêmes depuis 2012 : l’oxazépam, le bromazépam, l’alprazolam, le diazépam, le zolpidem et le zopiclone. A noter que la consommation problématique de l’oxazépam augmente.

Les benzodiazépines sont les substances les plus fréquemment impliquées dans les cas de soumission chimique, même si une diminution des cas les impliquant est observée au profit de substances non médicamenteuses. Les molécules les plus souvent rapportées sont le zolpidem et le bromazépam.

Dr Aude FLORENT


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