Repérer le risque d’addiction chez les adolescents en une question

Publié le 09 septembre 2014


Source : An Electronic Screen for Triaging Adolescent Substance Use by Risk Levels, Sharon Levy et coll., JAMA Pediatr., 2014
via www.apmnews.com du 05/08/2014.

Le journal médical JAMA Pediatrics publie un article de validation d’un outil de repérage des consommations problématiques de substances psycho-actives chez l’adolescent avec une seule question. Cet outil pourrait notamment s’avérer utile en soins primaires dans un contexte de forte activité médicale. Pour être utile dans le cadre d’une forte activité médicale, un tel outil doit permettre d’identifier les adolescents à risque avec rapidité et précision. S’inspirant des différents outils disponibles, les chercheurs ont développé un court questionnaire auquel l’adolescent doit répondre sur écran.

Il existe différents outils de repérage pour identifier des usages problématiques chez les adolescents mais aucun n’a été conçu pour les classer selon leur niveau de risque dans des catégories cliniquement pertinentes afin de guider la prise en charge.

La première question porte sur la fréquence de consommation de huit substances (tabac, alcool, cannabis, drogues illégales telles que cocaïne ou ecstasy, médicaments de prescription hors prescription, médicaments en accès libre, produits inhalés, plantes médicinales/drogues de synthèse) au cours de l’année passée.

 Les questions suivantes, auxquelles on ne répond que si la réponse à la première question est positive, servent à évaluer un usage problématique et sa sévérité pour une substance psycho-active. Selon les réponses, l’adolescent est classé parmi quatre catégories : pas de consommation, consommation non problématique, consommation problématique légère ou modérée, consommation problématique importante.

Addiction adolescent

 Les chercheurs américains ont testé ce questionnaire électronique auprès de 216 adolescents de 12 à 17 ans se présentant soit chez leur médecin pour une consultation de routines soit dans un centre ambulatoire pour le traitement des addictions dans un hôpital pédiatrique.

 Ils étaient 57,7% à ne pas avoir consommé de substance psychoactive au cours de l’année passée, 23% ont déclaré une consommation mais sans remplir les critères d’usage problématique, 10,3% présentaient une consommation problématique légère à modérée et 8,9% une consommation problématique grave.

 La sensibilité de cette question pour repérer une consommation problématique était de 90% et sa spécificité de 83%. Pour un usage problématique grave, la sensibilité était de 90% et la spécificité de 91%. Après avoir analysé les données pour l’ensemble du test, les chercheurs ont observé que finalement, la première question seule aboutissait à des résultats similaires au test entier, ce qui permet d’avoir un outil de repérage très rapide.

 Cet outil peut être utilisé directement par les médecins pour déterminer la consommation de substances psychoactives des adolescents et leur niveau de risque, concluent les chercheurs.

Ce type d’outils de repérage très rapide, ici des conduites addictives ou à risque de le devenir, pourrait être intégrer dans des logiciels médicaux pour une utilisation plus facilitée et donc systématisée en soins primaires. En attendant, vous pouvez compléter en ligne ou imprimer les outils proposés par le site addictauvergne.fr comme les questionnaires ADOSPA ou CAST.

En savoir plus …

Nicolas AUTHIER


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