Nouveaux produits de synthèse : profils et pratiques des usagers

Publié le 19 juillet 2016


Source :Profils et pratiques des usagers de nouveaux produits de synthèse, Tendances n° 108, OFDT, Avril 2016

Les nouveaux produits de synthèse (NPS) ont émergés progressivement en France à la fin de la décennie 2000. L’étude de ce phénomène s’est concentrée essentiellement sur l’offre, dont les modalités innovantes engendrent une complexité inédite du marché des drogues et tendent à mettre en échec les méthodes les plus classiques de lutte contre le trafic. Le projet I-TREND avait pour objectif une meilleure connaissance des profils, des motivations et des pratiques des personnes ayant expérimenté ou consommant ces substances. L’OFDT a publié le volet français de cette enquête en ligne.

Les usagers de nouveaux produits de synthèse peuvent schématiquement être divisés en 2 groupes : les usagers certains de NPS qui affichent clairement une familiarité avec ces produits et leurs désignations chimiques et les usagers probables ou ancien de NPS qui ont consommés un produit ayant les caractéristiques des NPS mais sans pouvoir identifier clairement la substance consommée.

Les usagers de nouveaux produits de synthèse sont très majoritairement des consommateurs de drogues dites « classiques », en particulier cannabis, stimulants (MDMA, amphétamines) et hallucinogènes hors NPS. Les usagers sont plutôt des jeunes (âge moyen 28 ans dont la moitié ont moins de 25 ans), de sexe masculin, de milieu urbain et ayant un niveau d’éducation assez élevé.

Les consommations se déroulent majoritairement en compagnie d’amis dans un lieu privé (à domicile ou chez des amis), dans de plus rare cas les consommations ont lieu en contexte public (lieu festif fermé ou dans le milieu festif alternatif).

Les principaux effets recherchés lors de l’usage de nouveaux produits de synthèse cités par les consommateurs sont la modification des perceptions (60 %), la « défonce » (47 %), la convivialité (42 %) et la recherche d’énergie (39 %). Le choix de la dernière substance consommée est souvent motivé par la curiosité mais aussi par la valeur positive de la substance (bonne qualité, effets puissants).

La fréquence d’usages déclarés des nouveaux produits de synthèse est très hétérogène. Les substances les plus consommées font partie des classes des phénéthylamines (28.4 %) en particulier les 2C-x et 25x-NBOMe, des cathinones (11.4%) en particulier méphédrone et méthylone et des arylcyclohexylamines (10 %) en particulier la méthoxétamine. Les cannabinoïdes de synthèses sont moins consommés qu’attendu. Les substances sont en général consommées pour leurs propriétés hallucinogènes mais aussi stimulantes. Les NPS sont majoritairement consommés par voie orale ou nasale.

Les achats de nouveaux produits de synthèse ont lieu sur internet pour un usager sur deux, en particulier sur les sites « RC shop » qui nomment les NPS par leurs appellations chimiques.

Dr FLORENT Aude


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