Prescription d’opioïdes et urgence pédiatrique aux Etats-Unis

Publié le 13 juin 2013


 Hallam M. Gugelmann and Lewis S. Nelson, Clinical Pediatric Emergency Medicine 2012, vol 13, No. 4 : 260-268

Aux États-Unis, la prescription d’opioïdes et le nombre d’empoisonnements mortels associés à ces produits ont triplé de 1999 à 2010. La population adulte n’est pas la seule concernée, cette prescription touche également les enfants avec un impact important sur les visites aux urgences pédiatriques. En effet, une augmentation de 101% des entrées aux urgences entre 2001 et 2008 a pu être montrée ainsi qu’une augmentation de 92% du taux de blessures. On retrouve également que l’utilisation non médicale de ces produits parmi les adolescents a augmenté de 542% entre 1992 et 2010. Par ailleurs, les effets psychologiques de l’addiction des parents sur leurs enfants peuvent être dévastateurs et conduire à des phénomènes de maltraitance. Dans ce contexte, l’exposition non intentionnelle des enfants aux opioïdes est donc plus fréquente. L’importante utilisation des opioïdes peut s’expliquer par la grande disponibilité ainsi qu’une bonne opinion publique de ces traitements vis-à-vis des drogues. Les traitements opioïdergiques les plus fréquemment retrouvés en 2009 sont alors : l’hydrocodone, l’oxycodone, l’hydromorphine, la morphine ainsi que la méthadone. L’exposition à cette dernière a quasiment doublé de 2002 à 2010 passant de 156 enfants exposés à 284 (buprénorphine : 155 vs 332). Les complications associées au mésusage d’opioïdes, comme la détresse respiratoire, sont retrouvées même à faible dose chez l’enfant. De la même manière, l’exposition aux opioïdes durant la grossesse peut induire un ensemble de symptômes de sevrage chez le nouveau-né. Il a donc été retrouvé qu’en 2009 un enfant naissait avec des signes de sevrage toutes les 40 minutes soit 13 539 cas au total. Il est clair que les patients douloureux requièrent un traitement adéquat mais la croissance de l’abus des prescriptions d’opioïdes, leur mésusage et l’addiction qui en découle nécessitent une vigilance accrue et constante pour éviter un tel phénomène en France. Le bon usage avec le respect de l’AMM est la première action préventive contre les risques d’abus ou d’addiction aux opioïdes. Marion GAUFFIER


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