Résultats de l’enquête OPEMA 2015 (Observation des Pharmacodépendance En Médecine Ambulatoire)

Publié le 09 décembre 2016


Source : Commission des Stupéfiants et Psychotropes, ANSM, Séance du 30 juin 2016 (Coordonnateur d’enquête: CEIP de Marseille)

Depuis 2008, l’enquête OPEMA permet chaque année de faire le point sur les usagers de substances psychoactives (SPA) pris en charge en médecine ambulatoire. L’objectif de cette enquête est d’améliorer les connaissances et le suivi de ces usagers, en particulier leurs caractéristiques sociodémographiques, leur état de santé et leurs consommations actuelles de SPA. Pour cela, les médecins généralistes participant incluent tout patient vu en consultation pour un motif lié à un abus ou une dépendance, durant la période de l’enquête, et/ou présentant des signes d’abus ou de dépendance à un produit illicite, à un médicament psychotrope ou traité par médicament de substitution aux opiacés (MSO).

opema1En 2015, 86 médecins généralistes ont inclus 1040 sujets qui ont décrit la consommation de 1895 produits. Ces sujets sont majoritairement des hommes (72 %), d’âge moyen 41,3 ans. Parmi eux, 39 % ont eu recours dans leur vie à la voie intraveineuse (IV), dont 6 % le mois précédent, 10 % à la voie nasale et 2 % à la voie inhalée (hors cannabis).

opema-2Concernant leurs statuts sérologiques, 15 % des sujets inclus ont une sérologie positive au VHC et 2 % au VIH mais respectivement 26 % et 21 % des sujets ne connaissent pas leur statut sérologique. 51 % d’entre eux ont une vaccination complète contre le virus de l’hépatite B et 30 % une vaccination non complétée. La moitié des sujets inclus (52 %) présentent une comorbidité psychiatrique, dont 32 % des troubles anxieux et dépressifs, 11 % des troubles de la personnalité, 5 % des troubles psychotiques et délirants et 2 % des troubles des conduites alimentaires.

Parmi les sujets inclus, 80 % (n=836) sont consommateurs de médicaments de substitution aux opiacés (MSO) sous protocole :

  • 53 % d’entre eux sont sous BHD, la part du princeps est de 65 % et de générique de 35 %, la dose moyenne est de 8,6 mg/j. Les voies d’administration sont sublinguale (97 %), nasale (8 %), IV (4 %) et inhalée (1 cas). 21 % ont une consommation de benzodiazépines associée et 3 % une consommation d’héroïne.
  • 42 % sont sous méthadone (55 % forme gélule, 45 % forme sirop), la dose moyenne est de 62,9 mg/j. La voie d’administration est la voie orale, à l’exception d’un cas d’administration par voie nasale. Une consommation associée de benzodiazépines est rapportée dans 17 % des cas et d’héroïne dans 8 % des cas.
  • 4 % sont sous Suboxone®.
  • 1 % sont sous d’autres médicaments en tant que substitution (morphine, oxycodone, temgésic, fentanyl).

Les benzodiazépines et apparentés sont consommés par 27 % des sujets, les 5 plus consommés sont l’oxazépam (18 %), le bromazépam (14 %), l’alprazolam (14 %) le diazépam (13 %), le zolpidem (13%) et la zopiclone (10 %). L’oxazépam est la première benzodiazépine détournée, suivie par le zolpidem.

Les médicaments opioïdes non MSO faisant l’objet d’un abus sont consommés par 4 % des sujets. Le tramadol seul ou en association est le premier antalgique concerné (n=16) suivi par la morphine (n=14) et par la codéine (n=11).

Concernant les substances illicites, le cannabis est consommé par 20 % des sujets dont 47 % le consomment quotidiennement et 33% des sujets sont considérés par le médecin généraliste comme dépendants au cannabis. L’héroïne et la cocaïne sont consommées par 5 % des sujets et par voie nasale (respectivement 81 % et 68 %), intraveineuse (19 % et 34 %), inhalée (11 % et 27 %) et quotidiennement (28 % et 5 %). Les autres substances illicites consommées signalées sont l’ecstasy (5 cas), l’amphétamine (5 cas), le LSD (4 cas), le speedball (1 cas), la méthylamphétamine (1 cas) et la méphédrone (une cathinone) dans 1 cas.

Les principaux faits marquants sont : 1) l’augmentation des voies d’administration IV et nasale, 2) le tramadol est l’opioïde, hors MSO, le plus consommé dans le cadre d’un abus ou d’une dépendance, 3) l’augmentation de la part des consommateurs de substances illicites en particulier des consommateurs de cannabis et 4) pour la première fois, la consommation d’un nouveau produit de synthèse de la famille des cathinones est rapportée dans OPEMA.

 

Aude FLORENT


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