Baisse de l’usage d’héroïne et de cocaïne et progression des nouvelles drogues en Europe

Publié le 02 juillet 2013


Source : www.apmnews.com, MHQER002 28/05/2013 11:00 ACTU SIDA – Rapport 2013 de l’OEDT

L’Observatoire européen des drogues et des toxicomanies (OEDT) constate une baisse des nouveaux usagers d’héroïne, une régression de l’usage de cannabis et de cocaïne, mais reste inquiet sur le dynamisme du marché des stimulants synthétiques et des nouveaux produits de synthèse, dans son rapport annuel publié mardi 28 mai 2013.

Dans ce rapport de 80 pages, l’OEDT observe une tendance à la baisse de la consommation et de la disponibilité de l’héroïne. Dans l’ensemble de l’Europe, le nombre de personnes entamant pour la première fois un traitement spécialisé pour des problèmes d’usage d’héroïne a chuté, après un pic de 59.000 en 2007, à 41.000 en 2011. Les données relatives aux patients en traitement continuent également à indiquer une baisse du recours à l’injection de cette drogue. Associée à l’impact des interventions comme les traitements de substitution, cette chute de l’injection a probablement contribué à la baisse du nombre de nouvelles infections par le VIH liées à l’usage de drogue en Europe, commente l’Observatoire. L’Observatoire avait fait également état en 2012 d’un déclin de la consommation d’héroïne et d’une baisse du nombre de cas de contaminations par le VIH parmi les usagers de drogue en Europe. Il relève toutefois dans son rapport 2013 de nouveaux foyers d’infections par le VIH en Grèce et en Roumanie qui ont interrompu cette tendance positive. Le nombre et la quantité de saisies d’héroïne est en baisse. La quantité d’héroïne saisie dans l’Union européenne et en Norvège en 2011 (6,1 tonnes) a été la plus faible de la dernière décennie et est équivalente à environ la moitié de la quantité saisie en 2001 (12 tonnes).

Le rapport montre que l’usage et l’approvisionnement de cocaïne ont, actuellement, tous deux tendance à baisser. De récentes enquêtes montrent des signes d’une baisse de l’usage chez les jeunes adultes (de 15 à 34 ans) dans les cinq pays présentant les prévalences les plus élevées (Danemark, Irlande, Espagne, Italie et Royaume-Uni). L’Observatoire a mis en lumière des « conséquences sanitaires d’urgence pour usage de cocaïne » et signale qu’au moins 475 décès en lien avec la cocaïne ont été enregistrés en 2011, précisant que ce chiffre pourrait être sous-estimé. Il relève également des baisses importantes de la quantité de cocaïne.

Concernant le cannabis, l’Observatoire relève des tendances globalement stables ou en baisse de son usage. Néanmoins, l’usage de cannabis reste historiquement élevé et le marché est « vaste et relativement robuste » pour cette substance.

L’OEDT note que les amphétamines et l’ecstasy demeurent les stimulants de synthèse les plus fréquemment consommés en Europe, « concurrençant dans un certaine mesure la cocaïne ». Il signale un nouveau « défi » lié au produit chimique alpha-phénylacétoacétonitrile (APAAN), un précurseur du BMK (le précurseur chimique utilisé pour produire l’amphétamine et la méthamphétamine). Depuis 2009, un grand nombre de livraisons d’APAAN, totalisant des douzaines de tonnes, ont été saisies ou arrêtées en Europe. Ce produit chimique est maintenant inscrit sur la liste de surveillance de la commission européenne en tant que substance connue pour être utilisée dans la production de drogues de synthèse, mais n’est pas placée sous contrôle international, complète l’OEDT dans son communiqué.

S’agissant des nouvelles drogues, l’observatoire indique qu’en 2012, 73 nouvelles substances psychoactives ont été officiellement notifiées pour la première fois via le système d’alerte rapide de l’Union européenne. Parmi ces substances, 30 étaient des cannabinoïdes de synthèse, qui imitent les effets du cannabis. Parmi les autres composés détectés en 2012, 19 substances appartenaient à des groupes de produits chimiques « moins connus ou plus obscurs ». Une revue complète annuelle des travaux du système d’alerte rapide européen montre qu’il n’y a pas de signe de baisse du nombre de nouvelles drogues rapportées en Europe.

Nicolas AUTHIER


PARTAGER CETTE PAGE