Bilan de la consommation des benzodiazépines en France

Publié le 11 septembre 2017


Source : État des lieux de la consommation des benzodiazépines en France, ansm, avril 2017

Les 20 benzodiazépines ou apparentées commercialisées en France, se partagent en trois classes pharmaco-thérapeutiques : les antiépileptiques, les anxiolytiques et les hypnotiques et sédatifs.

La France se situe au 2ème rang de la consommation globale de benzodiazépines en Europe, derrière l’Espagne ; les états les moins consommateurs étant l’Allemagne et le Royaume-Uni. Entre 2012 et 2015, la consommation de benzodiazépines en Europe a diminué de 5,1 %, tandis qu’elle a baissé de 10 % en France.

En 2015, sur le nombre total de benzodiazépines vendues, 56,1 % étaient des anxiolytiques, 43,5 % des hypnotiques et 0,4 % des antiépileptiques. Suite à la mise en place de mesures réglementaires strictes, la consommation de clonazépam a diminué de 5 millions de boîtes en 5 ans.

Depuis 2000, la consommation de benzodiazépines a globalement diminué. Cette tendance à la baisse, momentanément interrompue entre 2010 et 2012, s’est poursuivie au cours de ces trois dernières années et s’est même accentuée en 2015.

Malgré la poursuite de la diminution de consommation de benzodiazépines, le nombre d’utilisateurs reste encore très élevé. En effet, en 2015, 13,4 % de la population française a consommé au moins une fois une benzodiazépine et 2,7 % ont consommé à la fois un anxiolytique et un hypnotique.

Les benzodiazépines les plus utilisées restent l’alprazolam, suivi du zolpidem puis du bromazepam. Il est à noter, une diminution des benzodiazépines à demi-vie longue, soit des médicaments avec un moindre risque théorique de dépendance mais un plus fort risque d’accumulation dans l’organisme en particulier chez la personne âgée, au profit d’anxiolytiques à demi-vie courte.

En 2015, la prévalence d’utilisation des benzodiazépines anxiolytiques ou hypnotiques était plus élevée chez les femmes (16,6 %) que chez les hommes (9,7 %), et ce quel que soit l’âge. Comme dans les rapports précédents, cette prévalence augmentait avec l’âge et était maximale chez les femmes âgées de 80 ans et plus.

Un psychotrope a été délivré à 40 % des utilisateurs prévalents de benzodiazépines, un antidépresseur dans 30 % des cas, un antipsychotique dans 8 % des cas et un thymorégulateur dans 4 % des cas.

La durée du premier épisode de traitement par benzodiazépine était inférieure ou égale à 12 semaines dans 89 à 90 % des cas. La persistance à un an d’un premier traitement par benzodiazépine est de l’ordre de 2 %.

Dr Aude FLORENT


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